Le temps liturgique pour les nuls

By | 26 novembre 2010

Enfant au seinBillet importé de l’ancienne version du blog Pneumatis sur overblog, publié le 26/11/2010.

Pour toi lecteur, si tu es tombé là complètement par hasard, si par exemple, en quête d’un peu d’érotisme, tu as eu le malheur de demander à Google de te montrer des « saints de femmes » et que ce taquin de mauvais gout t’as envoyé ici, je t’explique rapidement le temps liturgique. Ça te changera un peu les idées et t’aidera peut-être à calmer tes ardeurs. Et si tes parents te demandent ce que tu branles fiches encore scotché à internet, tu pourras toujours les épater avec ton intérêt soudain pour la culture religieuse.

Le temps liturgique, donc, c’est le vécu d’une année, vu depuis la vie d’un catho. Selon notre calendrier à nous. L’année liturgique ne commence pas du tout le premier janvier par exemple, mais plutôt fin novembre, début décembre, avec l’Avent. L’Avent, c’est la période qui nous prépare à Noël, la naissance du Christ, vrai Homme et vrai Dieu à la fois. L’Avent c’est l’avant. Je sais que tu as du mal avec les « e » et les « a », mais je suis sur qu’avec un petit effort tu comprendras le jeu de mots. On se prépare, on veille, on attend la naissance du sauveur. C’est comme une longue nuit de 4 semaines, comme une grossesse mais en moins long quand même. Puis au bout de 4 dimanches, le 25 décembre, on fête Noël, la naissance du divin enfant. Pour les catholiques, le jour se lève sur le monde, pour ainsi dire.

Ensuite, de fil en épiphanie, on avance dans les pas de Jésus, sa vie, ses enseignements. A peu prêt vers mardi gras – si tu situes –  le lendemain en fait, commence le carême, une période de 40 jours (sans compter les dimanches) pendant lesquels on accompagne Jésus au désert. Autant te dire qu’on aurait tous préféré l’accompagner à la plage, mais ce n’était pas au programme. L’idée du désert – oui parce que c’est une image, hein – c’est de s’abandonner à Dieu, renoncer, se priver, se détacher des biens de ce monde, etc… être tourné vers les autres aussi. Tout ça histoire de bien montrer à Satan que c’est-qui-le-patron, jusqu’au moment de revivre la passion du Christ, sa crucifixion, et sa mort. Là on est généralement super triste, comme si d’une année sur l’autre on oubliait qu’en fait Jésus doit ressusciter le troisième jour : ça fait un petit suspens. Et puis arrive donc Pâques, où on fête la résurrection de Jésus. C’est la plus grande fête pour nous, celle de l’événement historique le plus important de toute l’histoire de l’humanité, événement qui donne un vrai sens à la vie.

Ensuite, pendant encore 40 jours (oui, on est comme ça, nous les cathos, on fait une fixette sur les chiffres) on vit avec Jésus ressuscité qui nous enseigne encore plein de choses hyper importantes pour la suite. C’est une période où on est censé devenir plus intelligent, si tu veux. Puis on fête l’Ascension de Jésus au ciel, et encore 10 jours après, c’est la Pentecôte, le moment où les disciples de Jésus reçoivent l’onction de l’Esprit Saint. Le nom Pentecôte, vient d’ailleurs du nombre 50, pour rappeler justement que c’est 50 jours après Pâques (prends des notes, si tes parents t’interrogent). Voilà, pour prendre une image, c’est un peu comme si l’ascension c’était un exam. Tu révises pendant 40 jours de Pâques à l’Ascension, puis tu passes ton exam, et 10 jours après tu reçois ton diplôme qui te permettra de décrocher un super job. Oui, après la Pentecôte, nous voilà lancés dans la vie active. C’est ce qu’on appellera le temps ordinaire, qui ira jusqu’à la fin de l’année liturgique, et hop, la boucle est bouclée. Bon, après il y a plein d’autres fêtes, mais ce n’était pas l’objet du billet.

Pourquoi je te parles de tout ça ? Parce que dimanche qui vient commence justement une nouvelle année liturgique. Dimanche, nous entrons dans l’Avent. Comme je te le disais, tout commence par une nuit, cette nuit durant laquelle nous sommes invités à attendre la venue du voleur, à guetter le retour du maître, à lever les yeux au ciel et attendre de voir les étoiles en tomber, annonçant la venue du Fils de l’Homme sur les nuées. Nous allons nous tenir en éveil. Jésus nous parle d’ailleurs avec l’image du voleur, en nous disant que veiller, ça permet d’éviter que le voleur ne perce le mur de ta maison. Il ne s’agit pas de l’attendre planqué avec une batte, mais d’être prêt à lui ouvrir la porte et le laisser rentrer. Je sais, pour les assurances ce n’est pas le top, mais bon, arrête de filer la métaphore parce qu’on s’éloigne de l’idée.  A ce temps de l’Avent, est associée la couleur violette. Pour chacun des quatre dimanches, on allumera une bougie, pour rappeler le fait de veiller. Le premier dimanche la bougie symbolisera le pardon à Adam et Eve (à cause du serpent, du fruit défendu, tout ça). Le deuxième dimanche, la bougie symbolisera la foi des Patriarches en la Terre Promise. Le troisième dimanche, la bougie symbolisera la joie de David célébrant l’Alliance avec Dieu. Et enfin le quatrième dimanche la bougie symbolisera l’enseignement des Prophètes, annonçant un règne de paix et de justice.

En plus, cette année, le premier dimanche, qui commence d’ailleurs le samedi soir (oui, parce que si tu as bien suivi, tout commence toujours par la nuit, même les jours), nous veillerons et prierons pour toutes les vies naissantes, à l’appel du Pape. Pour tous ces petits bouts qui grandissent dans le sein de leur mère (j’aurai pu dire utérus, mais je préfère donner des billes à Google pour te guider jusqu’ici), en particulier ceux qui souffrent, ainsi que ceux qui sont morts avant de naître, soit parce que la nature ne leur a pas permis de vivre jusqu’à la naissance, soit parce que leurs parents, aidés par une société sans scrupules, ont pensé qu’ils ne méritaient pas de vivre. Nous prierons d’ailleurs aussi pour tous ces pauvres parents endeuillés, et pour cette société qui peine à reconnaitre la dignité d’êtres humains innocents et vulnérables. Nous prierons enfin pour toutes les futures mères, et même pour toutes les femmes ; ces femmes dont le corps est souvent étalé en vitrines, marchandé et proposé à la consommation, et qui a pourtant la plus belle vocation qui soit : celle de porter la vie. Avant de te laisser sur ces considérations, je songe une dernière fois à ces poitrines de femmes que tu cherchais à voir. Et je ne doute plus maintenant que tu cherchais sans aucun doute à mieux contempler ce miracle de beauté, de tendresse et d’amour, ce tableau sublime d’une mère qui donne le sein à son enfant. Tiens, tu ne seras pas venu pour rien : tu auras même eu une jolie photo. Prends le temps de t’y arrêter, de contempler… c’est aussi pour ça – s’arrêter et contempler – qu’il y a un temps liturgique, un temps qui n’est pas le temps de ce monde.

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