Jésus appelle les pécheurs à la conversion

By | 8 mars 2014

Lc 5,27-32Quand nous lisons le récit de l’appel de Lévi, nous nous mettons spontanément du côté des personnages à la morale douteuse, et contre les pharisiens néanmoins rangés ici au rang des justes. Pourtant, comment réagirions-nous si un riche trader sans scrupule semblait subitement se mettre à l’écoute du Pape des pauvres ? Ne serions-nous pas quelque peu indignés, nous « les justes » ?

Nous sommes le plus souvent malades de nous croire en meilleure santé que d’autres. Ainsi Lévi, dont le nom est souligné, est-il la figure de ce malentendu : nommé comme la tribu de ceux à qui revient une part de l’impôt pour le Temple, il collecte l’impôt de l’empire païen et s’en enrichit. Sans doute le juste a-t-il un peu raison de le juger. Mais doit-il juger la miséricorde, la relativiser ?

La tradition juive, celle issue des pharisiens justement, donne la justice et la miséricorde comme deux attributs de Dieu par la mesure desquels la Création s’équilibre (GenR 12,15). Mais, dit un autre commentaire, Dieu a mis dans sa Création un peu plus de miséricorde que de justice ; sans doute parce qu’il y a dans le monde plus de pécheurs que de justes. Ainsi, les justes à l’épreuve de la justice, et les pécheurs aux soins de la miséricorde.

Nous nous faisons facilement passer pour de bons « lévites », nous aussi, pécheurs que nous sommes. En nous plaçant du côté des justes, nous serons jugés de la mesure dont nous jugeons (Mt 7,1-2), tandis que la mesure de miséricorde ira pour ceux qui se convertissent.

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